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et approuuée par gens scauants, à ce députez. A chascun chapitre sont adiouxtez les sommaires, contenants la matière du dict chapitre, les concordances et aucunes apostilles aux marges.... a Louvain, par Bartholomy de Grave : Anthoine Marie Bergagne : et Jehan de Waen MDL au moys de septembre avec Grace et Privilege de la M. Impériale. in folio ff. 388 et 92.»

Le privilége donné à Bruxelles le 9 Novembre 1546 constate que « maistre Pierre Curtius (1) Docteur en Théologie de l'université de Louvain a subsigné et approuvé ceste bible en langue Françoise. ». Un second privilége accordé pour trois ans fut signé le 11 août 1548 à Bruxelles. Ce qui prouve que l'impression du volume ne fut pas rapide, mais qu'on procéda avec un grand soin à une quvre aussi importante.

Le dessein de l'Université de Louvain dans cette édition était de donner une traduction française qui, de même que la traduction flamande, fût conforme au texte latin, publié par les docteurs de Louvain, et qui fut exempte des erreurs que les nouveaux sectaires avaient introduites dans un grand nombre de Bibles. Au reste voici en quels termes Nicolas de Leuze expose le but de son travail :

« Au fidèle , humble , et deuot liseur, maistre Nicolas de Leuze , licencié en theologie , salut. Apres que par la commission de l'Impériale Maiesté (treschier

(1) Curtius ou de Corte est le même qui fut plus tard évèque de Bruges.

lecteur) a esté commis a aucuns venerables docteurs de la sacrée faculté de theologie en son Vniversité de Louain, mectie et reduyre en latin une Bible, correcte selon les vieux exēplaires hebraiques, chaldaiques, grecz et latins, pour la remectre en sa premiere dignité, d'autant que aucuns inuenteurs de recents erreurs, et suscitateurs d'antiques , y avoient semé la faulse herbe parmy le pur froument : dont issoit vne puanteur d'heresie, empoisonnante les cours fideles et catholiques. Lors a esté ordonné la faire traduyre de mot à mot, premièrement en Flameng , et après en François, sans adiouxter ou diminuer, tant que les propriétés des languaiges peuvent souffrir. »

Il est curieux de connaître en quoi surtout a consisté l'ouvre du théologien de Louvain. Le P. Lelong dit que cette version n'est autre pour le fond que celle de Jacques Le Febvre. La comparaison des deux versions ne laisse aucun doute à cet égard. D'ailleurs Nicolas de Leuze ne se donne nulle part comme traducteur de la Bible. Jacques de Bay dans l'avis au lecteur des éditions postérieures de la Bible de Louvain dit seulement qu'on a songé à faire en sorte qu'il y eût une version (versio aliqua) conforme au texte de la Vulgate.

Pour mieux corriger la Bible d'Anvers, de Leuze avait rassemblé de toutes parts les Bibles françaises qui avaient déjà paru. De ce nombre était fort probablement la première bible Calviniste imprimée à Neufchatel en 1535, comme l'ouvre de Pierre Olivetan, mais qui n'est autre que celle d'Anvers dont on a corrigé quelques expressions et qu'on a rendue moins conforme à la Vulgate (1).

De Leuze fut aidé dans son travail par un religieux français auquel on doit aussi la traduction de l'épître de S. Jérôme à Paul prêtre et la préface du même Saint au Pentateuque. Voici en quels termes le savant Louvaniste rend compte de sa coopération. « En quoy nous a grandement adsisté deuot religieux, et venerable personage frère François de Larben, prieur pour lors des Celestins de Heuere, léz Louain, natif de France en Lionnois et bien expert en son languaige. Lequel après auoir reduict aucuns mots en meilleur estat, totalement a traduict les sommaires latins de la Bible en languaige françois. Parquoy ce labeur de traduction ou correction nous a esté tant plus facile : néantmoins, aiants de toutes pars exemplaires des Bibles en françois et aiants esleutz d'iceux les phrases, et manières de parler plus conuenables : auons vsé des termes communs et faciles sans obscuration des parolles non accoustumées aux gentz simples, pour lesquelz principalement auons modéré la traduction. Car combien que les autres ont fort bien suiuy l'orthographie moderne inuentée et autres propriétez fort exquises : Toutesfois auons mieux aymé auoir le vray sens,

suivant l'ancienne orthographie

(1) D'autres éditions de la Bible d'Olivetan avaient paru avant 1550, en 1540 à Genève, en 1541 à Lyon, en 1545 à Lyon et à Genève. L'édition de 1545 à Lyon avait été retouchée pour le style par Calvin et a peut-être été aussi sous les yeux de Nicolas de Leuze qui n'en aura pas admis ce qu'il regardait comme des néologismes.

des anciens Romains, que trop arrester aux nouueletez, et laisser la vérité du texte, »

On peut conclure de ces dernières phrases que de Leuze avait eu surtout en vue de rendre le texte de la Sainte-Écriture intelligible aux populations des provinces Wallonnes de la Belgique. Du reste il avait sur la lecture de la Bible en langue vulgaire les vrais principes de l'Église, et il se serait bien gardé d'exhorter tous les fidèles indistinctement à lire les saints livres, comme l'avait fait fort imprudemment Jacques Le Febvre d'Étaples qui s'était par là en particulier attiré les censures de Paris et de Rome. Après les deux passages de sa préface qu'on a lus plus haut, de Leuze fait des réflexions fort sages sur la clarté apparente et l'obscurité réelle de la Ste-Écriture, obscurité que les traductions ne peuvent faire disparaître et qui est telle que le Saint-Esprit seul peut donner à l'homme la véritable intelligence de ses oracles. Il déplore aussi avec S. Jérôme la témérité avec laquelle des gens sans instruction se mêlent d'interpréter l'écriture. « Car on voit maintenant, dit-il, par expérience (0 pudeur) que gens méchaniques, comme foullons, tisserans, massons, charpentiers, marchans, et autres qui d'auenture ne sçaiuent lire ne escripre, veullent juger de la tressaincte et tresparfonde theologie, et sur icelle donner leur opinion, en peruertissant souuentesfois la vraie intelligence du texte, et l'entendans selon l'affection charnelle, dont plusieurs heresies, opinions , dissensions, et mouuementz sourdent en la foy catholique. »

D'où il conclut sagement que la publication de la Bible en langue vulgaire n'est pas sans danger. « Vraiement telz sont occasion que l'on ne peult publier les textes des sainctes escriptures, pour la crainte des erreurs que ses gens indoctes sement, fondants raison vulgaire sur leur languaige maternel. »

Après un tableau des excès auxquels se livrent dans l'interprétation des écrits inspirés ces hommes animés d'un esprit d'orgueil semblable à celui qui causa la chute de Lucifer, il conclut à la nécessité de « captiuer (comme dict S. Paul) et reduire son entendement en seruitude et constraindre de non trop largement euaguer, et abonder en son sens. Aussy, ajoute-t-il, faict bon d'auoir recours aux gens lettrez, fideles , approuuez en saincte doctrine, comme bon pasteurs, predicateurs et vrays annunciateurs du verbe divin, qui par exemple de bonne vie monstrent qu'ilz quierent la verité, qui est Dieu, en Dieu, et de Dieu. Car nostre Seigneur a donné à peu de gens ce don de Prophetie ou d'entendement des sainctes escriptures, dont parle sainct Paul : à fin que autres receussent telz dons diuins par ceux qui en ont ouuerture, et administration. »

Il confirme ces doctrines par plusieurs exemples et plusieurs maximes tirées de la Ste-Écriture. Il ajoute que pour cette raison qu'il n'est pas « bien possible aux populaires d'entrer le sentier des sainctes escriptures sans guyde et demonstrateur.... il a mis en marge de la Bible quelques matières touchant

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