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la foy, les @uures, les Saintz Sacrementz de nostre mere saincte eglise à fin que voyent les vulgaires, ou sont fondées telles choses, et n'en ayent quelque doubte, et ne se laissent abuser de gents heretiques, opiniastres. »

Enfin il exhorte les fidèles à se soumettre à l'autorité de l'Eglise et à lire la bible en esprit d'humilité, de soumission, de foi, de respect et d'amour de Dieu et du prochain.

Il est impossible en lisant la préface de Nicolas de Leuze de ne pas concevoir une profonde estime de sa doctrine et de sa piété. On voit que pour avoir étudié les auteurs latins du siècle d'Auguste, au point de les pouvoir citer avec facilité, il n'avait rien perdu de la vivacité de sa foi et n'en était pas devenu plus profane.

Son cuvre fut dans la suite retouchée par ses collègues, comme l'indique l'avis au lecteur de Jacques de Bay placé en tête de la première édition Plantinienne de l'an 1578 (1). Le but de cette révision avait

(1) «Antistites avt inquisitores operæ pretium duxerunt Theologos aliquot Lovanienses deligere quibus curæ esset ut versio aliqua Gallica Vulgatæ Latinæ fideliter responderet, qua tanquam sano textu' absque periculo liceret vti. » Un exemplaire de cette édition se trouve à la bibliothèque académique de Louvain qui possède une magnifique collection de Bibles de tous geores. Il est nécessaire de remarquer que l'édition Plantinienne de 1578 est la première édition complète, mais qu'une édition partielle du Nonveau Testament avait paru en 1573. ( Ann. Plant. p. 141.)

été sans aucun doute de rendre la traduction déjà corrigée plus conforme au texte de la Vulgate qui, depuis surtout qu'elle avait été déclarée authentique par le concile de Trente en 1546, avait acquis des droits plus incontestables au respect de tous les fidèles. La nouvelle édition fut approuvée le 12 février 1572 par Jean Molanus, agissant en vertu de l'autorité qui lui avait été déléguée par le Pape et par le Roi. Le privilége accordé par Philippe II est de la même année et fut prorogé jusqu'à l'an 1576.

Ce texte ainsi corrigé à deux reprises fut dans la suite très-souvent réimprimé. Le P. Lelong en cite plus de quarante éditions subséquentes. Il était naturel qu'il inspirat de la confianceaux catholiques. Aussi le célèbre Père Edmond Auger, de la Compagnie de Jésus, en fit-il lui-même à Paris en 1586 chez Sébastien Nivelle une nouvelle édition qu'il dédia au roi Henri JII dont il était le confesseur. Dans son épître dédicatoire, après avoir rappelé les règles établies par l'Église au sujet des traductions en langue vulgaire, qui ne doivent être publiées qu'après avoir été légitimement examinées et approuvées et qui, nonobstant cette approbation, ne peuvent être lues par les simples fidèles qu'avec la permission des supérieurs ecclésiastiques, le Père Auger ajoute : « Ce qui a de tout poinct esté gardé en la publication de cette Bible, Sire, d'autant que la translation faicte du latin commun sort de la docte et catholique académie de Louvain. »

La Bible de Louvain a néanmoins été assez vive

ment attaquée par François Véron (1) qui lui reproche tout d'abord de n'être qu'une reproduction de la Bible de Genève. Il est possible que les docteurs de Louvain aient profité pour le style français des corrections faites à Genève, mais ils n'ont point reproduit la Bible calviniste, et la ressemblance qui existe entre cette Bible et la leur s'explique quand on sait que toutes les deux avaient reproduit, quant à la substance, le texte français publié primitivement à Anvers en 1530. Véron attaque en particulier 13 passages de la Bible de Louvain qui pouvaient, d'après lui, fournir des armes aux protestants pour la défense de leurs erreurs.

Richard Simon a répondu à ces accusations et après lui le religieux Carme auteur de l’Apparatus Biblicus dans la Bibliotheca criticæ sacrce. Plusieurs des critiques de Véron paraissent en réalité peu fondées. Toutefois nous remarquerons qu'une bonne partie de ses observations ne tombe pas sur le texte tel qu'il avait été publié d'abord par Nicolas de Leuze.

Voici maintenant les autres ouvrages que Paquot attribue au théologien de Louvain , en partie d'après Gazet, en partie d'après les éditions qu'il avail vues lui-même :

« Briève confession de foi composée en flamand par Corneille Jansenius, évêque de Gand, et mise en français par Nicolas de Leuze. Louvain, Jean Bogard, 1567, in-8°.»

(1) Appelé aussi le P. Véron ; mais il n'était plus jésuite à cette époque.

Ce titre nous apprend que, par suite sans doute de son long séjour à Louvain, Nicolas de Leuze avait appris l'idiome brabançon.

« La pérégrination spirituelle vers la Terre sainte et cité de Jérusalem , traduite du latin en français. Anvers, 1576, et Paris, Michel Sonnius, 1577, in-8°.»

« Les heures de Notre-Dame réformées, corrigées, etc. par le commandement de Pie, Pape, cinquiesme du nom , publiées avec plusieurs hymnes , oraisons et contemplations dévotes, heures de la Croix, du St-Esprit, des Trépassés et les sept Psalmes, le tout translaté du latin en français par Nicolas de Leuze. Douai , Jean Bogard , 1577, in-8°. »

Gazet fait remarquer que ces heures latines-françaises ont été souvent éditées à Louvain , à Douai et ailleurs. Le même auteur attribue encore à Nicolas de Leuze une traduction du latin en français du livre de dévotion intitulé : Hortulus animæ.

Le vénérable prêtre était ainsi occupé à publier des traductions utiles aux fidèles , lorsqu'un hommage d'un de ses anciens éleves vint lui rappeler, d'une manière bien agréable , les premières années de son enseignement à la pédagogie du Lys.

Le 29 mai 1593 Jean Sluper lui envoyait, de Boesinghe dans les environs d’Ypres, un de ses poèmes latins accompagné d'une épître dédicatoire en vers élégiaques (1). Le poème, qui contient plus de

(1) Jacobi Sluperi , Herzelensis, Flandri poëmata, Antverpiæ apud Joannem Bellerum 1578. pag. 125, 127, 225, 227, 242, 404, 350 vers, a pour titre: Ægon sive Henricus II Francorum rex. Ecloga. Dans cette pastorale imitée de Virgile, Mélibée retrace aux yeux de Palémon le tableau lamentable des malheurs qui désolent la France depuis la mort du roi Henri, dont le louchant récit termine l'églogue. Tout dans cette pièce est couvert du voile de l'allégorie. Palémon est Sluper, Mélibée un de ses amis qui a traversé la France à son retour de Rome. Egon est le roi Henri II, son gendre Philippe II est désigné sous le nom de Jason. Calvin est Idas, descendu des montagnes de la Savoie pour donner aux troupeaux de la Gaule une nourriture empoisonnée. Enfin le respectable chanoine lui-même est devenu le wallon Idmon, maître autrefois des deux bergers dans les lieux où la Dyle, aux flots jaunâtres, parcourt les champs des Grudiens :

Ambos erudiit... nos Gallicus Idmon

Flavescens Grudios ubi Dilia circuit agros. Mais, dans l'épître dédicatoire, de Leuze est désigné par son nom et Sluper y fait l'éloge de l'éloquence et de la sagesse de son maître.

Qui mihi Lovania ductor in urbe fuit,
Leusius ille quidem facundo nobilis ore,

Quo nec Palladia clarior arte fuit.

423. Voir l'article consacré à Sluper par Paquot , qui promettait sur Nicolas de Leuze une notice qui n'a pas paru. L'ouvrage de Sluper est fort rare.

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